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La Cinémathèque française célèbre 90 ans de cinéma avec un marathon de 180 films

Selon Paris Secret, la Cinémathèque française s'apprête à célébrer comme il se doit — et avec une certaine démesure — quelque quatre-vingt-dix ans de mémoire cinématographique: pas moins de 180 films…

La Cinémathèque française célèbre 90 ans de cinéma avec un marathon de 180 films

Selon Paris Secret, la Cinémathèque française s'apprête à célébrer comme il se doit — et avec une certaine démesure — quelque quatre-vingt-dix ans de mémoire cinématographique: pas moins de 180 films seront projetés dans le cadre d'un marathon présenté comme un « événement XXL » à Paris. Pour qui collectionne les affiches, ces artefacts papivores qui firent jadis la fortune des affichistes comme des concierges, pareille programmation a tout d'une fête. Encore faut-il, évidemment, que le programme tienne ses promesses.

Quatre-vingt-dix ans, ou la nostalgie chiffrée

On me permettra, en vieux praticien des images que je suis, de m'interroger sur ce chiffre de « 90 ans ». Quatre-vingt-dix ans à compter de quoi, exactement? La Cinémathèque a ses raisons, sans doute, et Paris Secret ne s'aventure pas sur ce terrain. Quatre-vingt-dix ans, c'est en tout cas une durée suffisante pour que les films projetés couvrent, prétendument, l'essentiel d'un siècle de pratiques — du muet tardif aux productions les plus contemporaines, si l'on en croit l'esprit du projet.

Jadis, je le rappelle aux plus jeunes, chaque séance publique s'accompagnait d'une affiche commandée à un artiste dont le nom se perdait dans les cartons des imprimeurs. Le marathon annoncé, s'il tient sa promesse iconographique, pourrait devenir — qui sait? — une arche de Noé pour ces images-là.

Louise Brooks en arrière-plan

Les Cahiers du cinéma, dans le même temps, signalent une rétrospective Louise Brooks accueillie par la Cinémathèque française sous le titre « Vénus Moderne ». Sans qu'on puisse affirmer avec certitude qu'elle s'inscrit dans le cadre précis du marathon des 90 ans, la concomitance mérite d'être relevée: la Brooks, figure absolue du muet tardif, appartient précisément à ce patrimoine que les programmateurs semblent vouloir exhumer. Pour les amateurs d'affiches anciennes, inutile de préciser qu'une telle rétrospective ravive immanquablement l'intérêt pour les visuels des années vingt — ces portraits en noir et blanc qui tinrent lieu, à l'époque, de manifestes graphiques.

Ce qu'il reste à préciser

Le programme détaillé reste, au moment où j'écris, d'une opacité toute française: Paris Secret ne donne ni dates précises, ni liste exhaustive, ni mention d'éventuelles expositions d'affiches originales dans les espaces d'accueil. Il faudra donc, pour le collectionneur prudent, attendre la communication officielle de la Cinémathèque — ou, mieux encore, se rendre sur place.

Je note, en passant, que le cinéma Apollo de Châteauroux propose lui aussi, du 17 au 20 septembre 2026, la 12ᵉ édition de son festival « Play it again! », comme le rapporte La Nouvelle République. Preuve, s'il en fallait, que la nostalgie du 7ᵉ art ne circule pas uniquement dans les artères de la capitale.