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Festival Play It Again à Andernos : une relecture critique des classiques du cinéma

Comme le rapporte Sud Ouest, le festival « Play It Again » s'installe du vendredi 18 au 25 septembre au cinéma La Dolce Vita d'Andernos-les-Bains, autour de six séances vouées au cinéma de patrimoine.

Festival Play It Again à Andernos : une relecture critique des classiques du cinéma

Je ne puis qu'observer, avec l'œil un peu las de l'historien que je suis, cette manie contemporaine de convoquer nos classiques sous couvert de « regard neuf » — formule dont l'ADRC, Agence nationale pour le développement du cinéma en régions, use avec une candeur qui confine à l'ironie. Un certain Charles-Édouard Woisselin, présenté comme intervenant spécialisé, tiendra la lanterne critique lors de deux soirées, et c'est précisément ce dosage de révérence patrimoniale et d'autopsie morale qui mérite qu'on s'y arrête.

L'autopsie comme méthode critique

Le 18 septembre à 20 h 30, Woisselin introduira « La Dame de Shanghai » d'Orson Welles par un propos intitulé « Femmes fatales, panique patriarcale ». Le 22 septembre, à la même heure, il accompagnera « Main basse sur la ville » de Francesco Rosi autour d'un thème qui ne manque pas d'à-propos: « Corruption à l'écran: autopsie d'un genre ». Le mot, j'y insiste, n'est nullement innocent. Jadis confiné aux amphithéâtres anatomiques où l'on apprenait la disposition des viscères, le verbe autopsier a conquis le champ critique comme on conquiert une place forte, sans trop songer à ce qu'il charrie. Qu'un film italien sur la bétonisation mafieuse de Naples se prête à pareil traitement clinique ne manque pas de sel — et je gage que le conférencier, fût-ce à son corps défendant, livrera plus qu'il n'en promet.

Ce qui se joue hors du projecteur

Le 19 septembre à 18 h 40 figure au programme « Sois belle et tais-toi » de Marc Allégret, séance sans intervention annoncée. L'ensemble de la programmation, soit six projections, est consultable sur le site andernos.veocinemas.fr. L'ADRC, de son côté, suggère de « s'émerveiller, décrypter les images et partager un regard neuf sur les films d'hier ». L'on retrouve là, condensé en une formule, le paradoxe de notre époque: l'on voudrait encore s'émerveiller, mais l'on ne sait plus le faire qu'à condition de décrypter, c'est-à-dire, au sens strict, de dépouiller. Le festival d'Andernos, pour modeste qu'il soit, offre au moins cet avantage au cinéphile de passage: vérifier sur pièce si le diagnostic vaut la consultation.